Les archives sont malheureusement muettes et ne permettent pas d'apporter des réponses à ces questions.
Le pont ne figure pas sur le cadastre de 1826, pas plus qu'on ne trouve trace d'un quelconque chemin qui aurait pu passer à cet endroit. A cette époque, les terres alentour, bien qu'en pente, étaient des terres labourées.
Si ce pont est de construction ancienne et était établi sur un chemin de quelque importance, ce chemin aurait donc été abandonné et oublié déjà en 1826 ? Ceci plaiderait en faveur d'une construction relativement récente du pont.
Pour autant, le fait que ni le pont , ni aucun chemin d'accès ne figurent sur le cadastre de 1826, ne signifient pas nécessairement que le pont n'existait pas.
La question de la "technologie" du pont reste ouverte. Le pont semble démesuré pour le passage d'une simple charrette à foin; il paraît avoir été conçu pour supporter de très lourdes charges. On peut penser à des convois de minerai de fer, des minières étant exploitées dans les environs depuis l'époque gallo-romaine.
Quant à l'origine du nom Chambige, on ne trouve pas ce patronyme dans les BMS de Teyjat et, par ailleurs, Chambige est un patronyme très rare, dont l'origine semble-t-il, se situe en Corrèze. D'après les estimations de linternaute, il n'y aurait que 33 personnes à porter ce nom en France (2009). En revanche, on trouve mentionné dans les BMS de Teyjat, à la date du 18 brumaire an VII (8 novembre 1797) Jean Laurand, dit Chambige, 35 ans, charpentier habitant Chauffour. Or le pont de Chambige n'est pas très éloigné de Chauffour.
Il s'agirait donc vraisemblablement d'un surnom. Ceci ne nous aide pas à retrouver la trace de cette mystérieuse mère Chambige ni à déterminer l'âge de cette construction si atypique.
Par ailleurs, on peut mentionner aussi un lieu-dit "chez Chambige" sur la commune de Vayres, près de Rochechouart. Chambige, qui signifie courbe ou cintré désigne aussi un type d'araire à timon recourbé mais ceci ne nous éclaire pas sur notre pont!